Radhika Desai : «L’Algérie a été parmi les principaux pays anti-impérialistes»

A group of people protesting and waving flags. Some people are burning flares.

Mohsen Abdelmoumen : Vous avez écrit le livre Révolutions (Tiers-Monde). Pensez-vous que le moment est venu de mettre fin à ce système capitaliste mortifère ?

Radhika Desai : Le livre Révolutions est né d’une conférence que le groupe de recherche en économie géopolitique, que je dirige, a organisée en 2019. L’idée était de marquer le centenaire de la révolution russe, la première révolution mondiale contre le capitalisme et l’impérialisme.

Pour nous, c’était très important car, comme vous le savez, les révolutions ont jusqu’à présent eu lieu dans les régions les plus pauvres du monde, et non dans ses foyers impérialistes, comme l’avaient prévu les intellectuels de la Deuxième Internationale. En conséquence, la tradition marxiste occidentale, avec laquelle nous devons traiter, a eu tendance à réagir à ces révolutions avec au mieux de l’incompréhension, au pire de la condamnation. La raison principale est qu’ils n’ont jamais été capables de comprendre que Marx et Engels, et leurs meilleurs disciples, avaient compris que le capitalisme et l’impérialisme sont inséparables et que l’avancée du socialisme prendra nécessairement une forme anti-impérialiste également.

Mon propre essai pour ce volume souligne que ce manque de compréhension a beaucoup à voir avec l’abandon de l’analyse de Marx du capitalisme en tant que production de valeur contradictoire en faveur d’une tentative de faire entrer le marxisme dans le cadre de l’économie néoclassique. Cette raison intellectuelle, combinée aux avantages matériels que les classes ouvrières occidentales ont tirés de l’impérialisme, a rendu le marxisme occidental particulièrement imperméable à la compréhension de la centralité théorique et historique de l’impérialisme dans le capitalisme.

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Mohsen Abdelmoumen: You wrote the book Revolutions (Third World). Do you think the time has come to put an end to this deadly capitalist system?

Radhika Desai: The book Revolutions grew out of a conference that the Geopolitical Economics Research Group, which I lead, organized in 2019. The idea was to mark the centenary of the Russian Revolution, the first global revolution against capitalism and imperialism.

For us this was very important because, as you know, the revolutions so far have taken place in the poorest regions of the world, and not in its imperialist homes, as the intellectuals of the Second World War predicted. International. As a result, the Western Marxist tradition, with which we must deal, has tended to react to these revolutions with at best incomprehension, at worst condemnation. The main reason is that they were never able to understand that Marx and Engels, and their best disciples, understood that capitalism and imperialism are inseparable and that the advance of socialism will necessarily take an anti-imperialist form.

My own essay for this volume points out that this lack of understanding has much to do with the abandonment of Marx’s analysis of capitalism as contradictory value production in favor of an attempt to fit Marxism into the framework of neoclassical economics. This intellectual reason, combined with the material benefits that Western working classes have derived from imperialism, has made Western Marxism particularly impervious to understanding the theoretical and historical centrality of imperialism to capitalism.

(Translation by Google Translate)

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